Faces of Nablus


Les rues sont tapissées de portraits de jeunes personnes décédées. Fusils mis en avant, le regard empli de haine, ils sont les "martyrs" de Naplouse. Dans la ville, rares sont les familles qui n'ont pas perdu un proche. 

Une chaise roulante illuminée par les derniers rayons du soleil. Un homme sort de la porte. Il nous fait signe avec sa main gauche : "Venez, rentrez".

 

A l'intérieur, une femme, sa femme, est allongée sur le canapé de la pièce principale de cette maison dont les critères se rapprochent d'une cave. 


Elle n'a pas l'air de nous voir et raconte, les yeux perdus dans le vide : "J'ai perdu mes deux fils, Islam et Muhammad."

Le mari nous regarde, et voile ses yeux avec sa main qui ne tient pas sa cigarette. Elle ne voit pas. Diabétique, elle a perdu la vue il y a quelques années. 


Il est 7h. Il sort de la pièce et en revient, une seringue à la main. "C'est pour elle." Il donne la seringue à sa femme qui la plante sans hésiter dans sa cuisse, avec pour réaction une simple grimace. 


"Maintenant, elle va dormir."

"C'est moi, devant mon café", remarque Erfan, une larme à la joue, en regardant l'écran de l'appareil. Cet ancien conducteur et mécanicien du roi d'Arabie Saoudite a monté son café, où personnes âgées et jeunes se rencontrent pour fumer le hooka, en bordure de la vieille ville de Naplouse, surnommée la "petite Damas". 

Paul Lorgerie / 2015

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